CONSTRUCTION DE LOGEMENTS
Chute spectaculaire de leur nombre en IDF

construction de logements chute spectaculaire en Île-de-France

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Picto CONSTRUCTION pour les article de l'ACTU/Blog

Malgré un manque flagrant de logements en Île-de-France, le nombre de chantiers de construction recule dangereusement. Afin de faire le point, la fédération française du bâtiment vous dévoile les chiffres pour la période allant de janvier à juillet 2025 ainsi que son évolution par rapport à juillet 2021.

Après analyse des données recueillies, le Top 3 revient aux départements franciliens qui enregistrent la plus spectaculaire chute du nombre de mises en chantier. En d’autres termes, les chiffres dévoilés par la fédération française du bâtiment (FFB) sont, sur la période post-Covid (fin juillet 2021) à fin juillet 2025, très inquiétants. Finalement, en 5 ans, le recul impressionnant du nombre de constructions de logements se classe comme tel pour le Top 3 des départements d’Île-de-France (IdF) :

  • -54,6% dans les Hauts-de-Seine (92) ;
  • -52,9% pour la Seine-Saint-Denis (93) ;
  • -49,4% en Seine-et-Marne (77).

Afin de prendre conscience de l’ampleur de l’effondrement du nombre de constructions de logements pour chaque département d’Île-de-France, reportez-vous à la carte ci-dessous. Découvrez et comparez ainsi le résultat des données rassemblées par la FFB.

CHUTE SPECTACULAIRE DU NOMBRE DE CHANTIERS IMMOBILIERS EN IDF

– Entre janvier et juillet 2025 –

construction de logements chute spectaculaire depuis 2 ans en Île-de-France

Entre janvier et juillet 2025, le nombre de logements mis en chantier en Île-de-France et son évolution par rapport à juillet 2021.

© Anne-Marie HALBARDIER – Sources : CERC IdF, Fédération française du bâtiment

Un seul département, l’Essonne, n’enregistre pas de chute du nombre de constructions, bien au contraire

Si on analyse attentivement les chiffres de la FFB, consulter la carte ci-dessus, seul le département de l’Essonne affiche, par rapport à l’ensemble des autres départements d’IdF, un nombre stable, voire légèrement positif, avec +1,7%. À la lecture de ce classement, vous apercevrez à la 4e place le Val-d’Oise (95) qui plonge avec -39,1%. Il est suivi du département des Yvelines (78) à -28,4%, puis Paris (75)
à -20,7%
et enfin, pour clore cette liste, le Val-de-Marne (94) avec quand même, -7,4%.

En Île-de-France, le point de vue de plusieurs professionnels

75 – Paris (-20 ,7%).  Édouard Durier** avance : « Le cas de Paris est particulier, c’est une ville hyper dense où le foncier est rare et où peu de constructions sont possibles. »

92 – Hauts-de-Seine (-20 ,7%). Ici, le cas est différent, annonce Bruno Halluin. Parce que derrière Paris, dans ce département, le prix d’un bien immobilier demeure très élevé. De plus, « Selon les zones, les prix atteignent entre 8 000€ et 15 000€/m2. Surtout, ce sont des tarifs fixés lors du lancement des programmes il y a 2 ans. Donc, ils ne correspondent plus aux prix du marché d’aujourd’hui. », ajoute-t-il.

77 – Seine-et-Marne. Un département qui affiche des prix parmi les plus bas d’Île-de-France. La chute spectaculaire du nombre de constructions de logements concerne directement les habitants : « Dans ce secteur, ils sont encore plus sensibles aux critères prix, ayant des niveaux de revenus moindres. », selon le coprésident de la FPI Île-de-France.

91 – Essonne (+1 ,7%). Pour expliquer la situation, Bruno Halluin* déclare : « Cette continuité est principalement due à l’activité autour du plateau de Saclay ainsi qu’à des prix d’environ 5 500 à 6 000€/m2. »

Un coup dur porté au secteur de la construction de logements : la suppression du dispositif Pinel

La suppression par le gouvernement du dispositif Pinel a mis à mal le secteur de la construction de logements alors que le manque est avéré et la demande flagrante en Île-de-France. Le vice-président de la FFB Grand Paris – Île-de-France est furieux « On estime le besoin de logements dans la région à environ 80 000 par an. » Donc, « C’est ce que nous devrions construire alors qu’on en sort de terre à peine moitié moins. » Surtout, « On a de plus en plus de mal à lancer de nouveaux chantiers. »

Toujours selon lui, les conditions ne devraient pas s’arranger tout de suite, même avec le retour du prêt à taux zéro (PTZ). D’après le patron de la FFB « Ces investisseurs privés, qui portaient le marché par leurs réservations, le désertent aujourd’hui. »

Les professionnels estiment que depuis le début de l’année 2025 l’effondrement des réservations atteint -63% par rapport à 2019. Conséquence « Le stock d’invendus grimpe fortement. » Évaluation selon l’organisme indépendant Capem (1) : 1 200 logements qui sont principalement situés en petite et grande couronne. « Les ¾ de ces logements sont des 3 pièces. », remarque Norbert Fanchon***.

Sans les investisseurs privés, les promoteurs n’atteignent pas leur seuil de précommercialisation imposé par les banques

C’est la problématique actuelle. Pas d’investisseurs = pas de lancement de nouveaux projets immobiliers. Conclusion, plus de constructions de logements… De plus, afin de minimiser les risques, les banques exigent d’avoir un certain nombre de réservations avant de débloquer les fonds.

Aux dires de Norbert Fanchon, « Les banques régulent le marché. Elles réclament 40% à 50% de réservations signées, voire, pour certaines, 80% avant de débloquer des fonds pour lancer un chantier. ». Surtout, « Aujourd’hui, leur seule priorité, c’est de voir finir le chantiers en cours et, quand ils sont finis, il arrive qu’elles ne nous suivent plus parfois dans de nouvelles opérations. », déplore-t-il.

Accroissement du nombre de sociétés de constructions immobilières en grande difficulté

2025, une année compliquée qui se termine pour le secteur de la construction de logements. Parce que de nombreuses entreprises ont été impactées par la crise politique et économique française et internationale. Budget rogné, ménages en attente, faute de moyens et toujours plus de normes. « Elles s’empilent, entraînent des délais d’instruction trop élevés. », rapporte Édouard Durier.

Exemples rapportés par Marc Verrecchia**** : « Déposer un permis de construire nécessitait 3 à 4 mois de préparation il y a encore quelques années, maintenant c’est au minimum entre 6 et 7. » En outre, « Au lieu de mobiliser 5 personnes, il nous en faut 20, sans parler des délais de recours, dont certains abusifs, qui retardent nos chantiers. » Aujourd’hui, il souhaite “une pause dans la surenchère réglementaire.”

Il nous explique que, dans la région, son entreprise réalise 70% de son CA. Mais depuis septembre 2025, son groupe est en redressement judiciaire. Finalement, « En 2 ans, on a perdu 1/3 de nos chantiers en Île-de-France. On en avait 10, 11, aujourd’hui on n’en a plus que 7. », résume-t-il.

Résumé sur la situation des sociétés de constructions de logement

Et malheureusement, il n’est pas le seul groupe. Capelli est aussi en liquidation judiciaire. Tandis que les sociétés Réalités et Coffim rencontrent, comme bien d’autres encore, des difficultés. Pour 2025, le cabinet Altares n’a pas encore arrêté les chiffres, mais prévoyait 520 liquidations et redressements judiciaires dans la construction et la promotion en IdF.

POUR INFO

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LinkedIn

* Bruno Halluin : Coprésident de la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI) Île-de-France.

** Édouard Durier : Vice-Président de la FFB Grand Paris – Île-de-France, chargé des affaires économiques.

*** Norbert Fanchon : Président du groupe de promotion Gambetta.

**** Marc Verrecchia : Fondateur du groupe éponyme de construction et de promotion

(1) Capem : Centre d’analyse et de prévisions immobilières

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