RÉNOVATION ÉNERGÉTIQUE
Constat alarmant

RÉNOVATION ÉNERGÉTIQUE Un constat alarmant

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Temps de lecture : 10 minutes

Afin de poursuivre sa lutte contre le dérèglement climatique, le gouvernement maintient sa chasse aux « passoires thermiques ». C’est la loi du 22 août 2021 – dite « loi Climat et résilience » – publiée au journal officiel le 24 août 2021. Alors quels sont les travaux à envisager en matière de rénovation énergétique pour votre logement ? Dans quel ordre ? Que choisir, rénovation globale ou par étapes ? Un constat alarmant sur les travaux de rénovation énergétique déjà effectués.

Actuellement en France, 7 millions de logements sont mal isolés. Une étude*, réalisée pour le compte de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) sur les travaux de rénovation énergétique entre 2014 et 2016 dans notre pays, démontre que nombre d’entre eux sont inefficaces. Le rapport d’expertise, publié par l’agence, met en lumière une mauvaise approche de la réalisation des travaux car principalement mal pensée en amont et par conséquent, contreproductive. Voici donc les résultats de l’expertise publiée en 2021 par l’agence. Elle tire déjà le signal d’alarme !

Pour que votre rénovation énergétique soit performante elle doit être réfléchie avant tout dans sa globalité. Surtout, vous devez respecter un ordre bien précis pour réaliser vos travaux de rénovation. Tout d’abord, vous devez éviter de multiplier les petits travaux dans le temps. Parce que, sur la durée, ceux-ci se montreront inefficaces, voire inutiles et généreront plutôt des risques pour la structure et ses habitants.

Il y a certains travaux de rénovation énergétique à privilégier afin de pouvoir améliorer l’étiquette énergétique de votre logement. Car c’est un constat alarmant que publie l’Ademe sur les travaux de rénovation énergétique déjà effectués.

rénovation énergétique un constat alarmant.

© artursfoto

Petit rappel sur la loi Climat et résilience

La loi, adoptée le 22 août 2021, s’est fixée pour objectif de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 40% d’ici 2030. Par exemple, pour accélérer la rénovation énergétique des immeubles et maisons bâtis, la loi a durci les règles de la lutte contre les passoires thermiques. Ainsi, si votre logement est classé F et G, vous aurez interdiction de le proposer à la location, au 1er janvier 2023. Donc, pour faciliter vos travaux énergétiques, l’État a mis en place des aides, comme MaPrimeRenov’ accessibles à tous les ménages.

De plus, le gouvernement a actualisé l’outil d’analyse : le Dispositif de Diagnostic Énergétique (DPE). Document réalisé par un professionnel, c’est un audit de la consommation énergétique de votre logement. Pour tout immobilier, ce document doit être remis au futur acquéreur, par le vendeur, dès la première visite, s’il le demande.

DPE – LES NOUVELLES ÉTIQUETTES DE PERFORMANCE ÉNERGÉTIQUE

graphique des nouveaux double-seuils étiquettes

Pour une copropriété, le diagnostic doit être renouvelé ou mis à jour tous les 10 ans, par le syndic, sauf si le diagnostic est établi après le 1er juillet 2021 et attribue déjà à votre immeuble la classe A, B ou C, article 173-1-1.

Le bilan énergétique de votre copropriété est-il toujours en vigueur ?

Afin de mettre en conformité le bâtiment, le syndic de copropriété est dans l’obligation d’inscrire à l’ordre du jour de la prochaine Assemblée générale, le vote d’un plan de travaux d’économies énergétiques ou d’un contrat de performance énergétique, en fonction des résultats du diagnostic

Par conséquent, le législateur a adapté un calendrier progressif réservé aux copropriétés, la la période de 2024 à 2026, en fonction de la taille de la résidence, afin qu’elles puissent respecter les nouvelles exigences énergétiques.

Rénovations énergétique - Isolation extérieure.

© Illustrez-vous

L’objectif de la rénovation énergétique : réduire de 95% les émissions du bâtiment

Grâce aux résultats du DPE, réalisé à votre demande par un professionnel, vous connaitrez le classement énergétique applicable à votre logement qui évoluera de la lettre A à G. Par la suite, afin de vous aider à mettre en place un plan de transition, vous trouverez plusieurs documents sur le site Bilans GES :

  • Décret BEGES,
  • Comment construire son plan de transition ?
  • La dernière version de la Base Carbone

La Stratégie nationale bas carbone (SNBC) oblige le parc immobilier, dont les maisons individuelles à réduire de 95% les émissions du bâtiment à l’horizon 2050 par rapport à 2015. Par conséquent, l’ensemble du parc va devoir se conformer au niveau BBC (Bâtiment Base Consommation) rénovation. Celui-ci est basé sur 2 critères : la zone climatique ou l’altitude, ce label BBC fixe un seuil maximum de consommation pour chaque bâtiment. Aujourd’hui, c’est un constat alarmant que montre cette expertise sur l’efficacité des travaux de rénovation énergétique engagés.

Travaux énergétiques - Installation pompe à chaleur

© Zatevakhin

Rénovation énergétique : le label BBC

Le label BBC se calcule en fonction de 5 types de consommations :

  • Chauffage,
  • Eau chaude,
  • Climatisation,
  • Auxiliaires
  • Éclairages.

Il correspond à un usage conventionnel de consommation du logement par mètre carré. Votre logement ne doit pas dépasser un niveau de base de consommation de 80 kWhep/m2 en tenant compte des 2 coefficients : zone climatique et d’altitude. (Voir carte ci-dessous)

CONSOMATION MAXIMALE À NE PAS DÉPASSER
EN FONCTION DE VOTRE ZONE CLIMATIQUE

Carte de France avec les 8 zones climatiques et son indice d'altitude.

Les 8 zones climatiques en France de H1a à H3 ainsi que l’indice d’altitude pour chacune d’elles.

© Anne-Marie HALBARDIER

Selon le rapport publié par l’Ademe, l’objectif ne pourra pas être atteint. Actuellement en France, les travaux de rénovation énergétique engagés relèvent plutôt des travaux de maintenance : remplacement d’une chaudière en fin de vie ou des fenêtres en double vitrages, etc.

Cela ne correspond pas à des opérations de rénovation énergétique coordonnées et planifiées. Finalement le but visant à atteindre le niveau BBC rénovation ne pourra pas se réaliser.

Les résultats de l’enquête démontrent qu’entre 2014 et 2016 sur les 5 millions de rénovations énergétiques, réalisées sur des maisons individuelles, 75% d’entre-elles n’ont pas amélioré la lettre de l’étiquette énergétique. Finalement, seulement 5% des rénovations ont permis de gagner 2 classes énergétiques.

Selon le collectif Effinergie** : « Nous n’avons recensé que quelques centaines de rénovations BBC par étapes et seulement 3 780 rénovations BBC en une seule fois. »

Dorénavant, il faut repenser notre approche en amont de l’ensemble des travaux de rénovation s’il on veut atteindre l’objectif à l’horizon 2050.

Travaux de rénovation énergétique

© macrovector

Quel type de rénovation énergétique choisir ?

Vous avez le choix entre 2 rénovations BBC possibles, rénovation globale ou rénovation par étapes, en voici une explication et des exemples.

1- LA RÉNOVATION GLOBALE. Avant tout, réfléchir à une approche permettant d’engager tous les travaux en 1 seule fois. Ce sera une rénovation complète et performante. Afin d’atteindre cet objectif, 6 postes de travaux doivent être impérativement effectués :

  • L’isolation des murs, des sols et de la toiture,
  • Le changement des menuiseries (les fenêtres),
  • La ventilation,
  • Le système de chauffage.

Toutes ces opérations permettront d’atteindre l’objectif souhaité, a savoir le niveau BBC.

Malheureusement, en raison d’un manque de moyens et/ou une mauvaise appréhension de l’ensemble des travaux à venir, bon nombre de ménages ne peuvent effectuer cette opération en 1 seule fois. De plus, difficile d’accepter un chantier de plusieurs mois lorsque l’on vit dans son logement.

Afin de pallier à ce problème, une approche différente est proposée : la rénovation complète par étapes.

Travaux de rénovation énergétique. Isolation intérieur des murs

© macrovector

2- LA RÉNOVATION COMPLÈTE PAR ÉTAPES. Son objectif : définir les travaux à réaliser et dans quel ordre. Mais attention, selon Vincent Legrand*** : « Plus il y aura d’étapes, plus la probabilité d’atteindre une performance BBC décroîtra. Même avec une vision à long terme, si vous recherchez une amélioration réellement performante, vous devez opter pour un maximum de 3 étapes. »

En conclusion, certains reports de travaux favoriseront l’apparition de désordres comme les pathologies du bâtiment identiques à celles émergeant lors de rénovations partielles.

Travaux énergétiques - Changement des fenêtres.

© Phadventure

Travaux à impérativement regrouper lors d’une rénovation énergétique

Selon le rapport, afin de préserver la santé de votre bâti, vous devez obligatoirement respecter de bonnes pratiques. Tout d’abord, vous devez être très vigilant au traitement des interfaces et des ponts thermiques afin de ne pas rompre la barrière d’isolation.

D’après Dorémi : « Dans toutes les maisons, même rénovées, il reste des ponts thermiques. Le but est d’éviter de les multiplier, et cela est uniquement possible avec une approche globale. »

Par exemple, vous ne devez pas dissocier l’opération de remplacement de vos fenêtres avec l’isolation extérieure de votre maison. Cela crée de nombreux ponts thermiques et favorise l’apparition de moisissures en quelques mois. Par conséquent, impossible d’améliorer les performances énergétiques.

De même, vous rencontrerez des problèmes analogues concernant l’isolation de vos murs et de votre toiture. Là aussi, vous ne devez pas les dissocier. Surtout, ne pas dans un premier temps isoler vos combles puis quelques années plus tard décider d’entamer l’isolation de vos murs par l’extérieur. Vous créez alors des ponts thermiques, le froid s’engouffre au niveau de la jonction entre les murs et la toiture et redescend dans l’enveloppe tout autour de la maison. Avec le refroidissement de la maison, dans le mois suivant vous verrez apparaitre des champignons.

Le nombre de ces cas explose pour les 2 situations depuis l’augmentation du volume des rénovations.

Changement de chaudière

© Anton Gepolov

Terminer par les travaux de chaudière, si besoin…

Autre recommandation du rapport publié par l’Ademe : assurer un renouvellement d’air suffisant dans votre logement. Pour cela, avoir une ventilation mécanique contrôlée ce qui permettra d’évacuer l’humidité provenant : des douches, de la cuisine et de la respiration des occupants, etc.

Une bonne ventilation intérieure garantie un air de qualité dans l’ensemble du logement et aussi permettra de réduire votre facture de chauffage. Le rapport met en avant que la ventilation est primordiale et encore davantage lorsque l’on remplace ses fenêtres.

Pour les spécialistes : « Une mauvaise qualité de l‘air peut générer des problèmes de santé pour les résidents. Cette situation engendre 28 000 nouveaux cas de pathologies et 20 000 décès chaque année en France. »

A ne pas négliger !

*Étude réalisée par la société Dorémi et le bureau d’études Enertech

** Collectif d’acteurs d’horizons différents rassemblés au sein de l’association EFFINERGIE pour impulser un niveau inédit d’efficacité énergétique des bâtiments en construction et en rénovation.

*** Directeur général de Dorémi 

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